L’appréciation du yen pèse sur la Bourse de Tokyo « le Kabuto-cho ». Sur les six derniers mois, le Nikkei 225 n’est pas arrivé à passer au-dessus des 10 000 points.
A Tokyo, on fait remarquer qu’un yen fort freine les exportations du Japon et, par conséquent, fragilise la conjoncture intérieure. Ainsi, les prévisions ne sont pas très encourageantes pour l’économie nippone et les marchés boursiers de ce pays. Le PIB réel est prévu en augmentation de 1,70% pour l’année fiscale 2010 et autour de 0,6% pour l’année fiscale 2011.
La force motrice de cette mini-croissance est l’exportation vers les marchés émergents asiatiques. Mais un yen fort renchérit les produits japonais sur les marchés mondiaux et agit de plus en plus comme un frein.
De plus, les Etats-Unis qui sont, historiquement, le principal marché à l’exportation pour le Japon, viennent de rentrer dans une phase de ralentissement économique. L’excédent du compte courant japonais est estimé à environ 2% du PIB et a constitué un sujet de discussion à la réunion du G20.
Cependant, le FMI attire l’attention sur un tout autre aspect de la formation du cours du change du yen sur le marché des devises. Le taux de change actuel du yen n’aurait rien à voir avec le commerce extérieur du Japon et serait exclusivement le résultat des spéculations des carry traders.
Comme le montre le graphique ci-dessus, la tendance à la baisse de la parité JPY/USD (ligne verte) s’est inversée à partir de septembre 2004 jusqu’à mi-2007 alors que, simultanément, le spread entre les obligations à deux ans des gouvernements américain et japonais (ligne bleue) est passé de 2,5 à 4,0 points de pourcentage.
Les carry traders ont profité de ces écarts de taux, s’endettant en yens pour acheter des dollars sur le marché des devises, et ensuite acheter des bons du Trésor américain à plus haut rendement.
De cette façon, ils ont tiré profit de la baisse du yen, des spreads grandissants, et de la hausse du dollar américain.
Au printemps 2007, la tendance s’est de nouveau retournée. A partir de là, les spreads ont continuellement baissé, pratiquement jusqu’à 0, tandis que, dans le même temps, le yen est monté de façon continue pour atteindre un nouveau plus haut historique.
A présent, le carry trade ne présente plus d’intérêt. De plus, le risque de change qui s’accentue accroît les risques de moins value sur les actifs existants. La vente de ces derniers exercera une pression à la baisse sur le dollar et poussera le yen vers de plus hauts sommets. Face à ces opérations spéculatives de carry trade le gouvernement et la banque centrale sont désarmés. D’ailleurs, même l’ampleur de ces opérations n’est pas connue.
Conclusion : c’est probablement la Fed qui, seule, détient la solution pour casser la tendance haussière du yen en relevant ses taux d’intérêt et permettant ainsi un retour du carry trade. Cela paraît si absurde que ça étonne, pourquoi ces trades ne sont pas contrôlés. Les investissements au Japon continueront de sous-performer.
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Le 19, novembre, 2010
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